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Page:Contes tjames, trad. Landes, 1887.djvu/72

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que je l'avais sauvé et qu'il me récompenserait. J'y acquiesçai. Pendant la nuit le tigre prit des cerfs et des chevreuils et me les porta et il resta à épier ce que je disais à ma femme. Je racontai à ma femme que le tigre s'était battu avec le vautour et que je l'avais sauvé, il m'a entendu et m'a ordonné de venir pour qu'il me mange.

Le lièvre dit : Frère homme, n'aie pas peur ! le tigre n'osera pas te manger. L'homme dit : Je te suis obligé. Mais comment éviter que le tigre me mange, ô frère lièvre !

Le lièvre mena l'homme vers le tigre. Arrivé à moitié chemin il dit à l'homme de marcher devant et qu'il marcherait derrière. L'homme arriva à la mare que le tigre avait épuisée et il y trouva le tigre. Celui-ci allait sauter et faisait mine de dévorer l'homme. Le lièvre fit un saut hors des brousses et parut. Le tigre lui demanda : Frère lièvre, où vas-tu ? Le lièvre répondit : Je viens voir le tigre manger l'homme. Le tigre raconta au lièvre tous les discours qui avaient été tenus entre l'homme et lui et qu'il allait le manger. Le lièvre dit : Tu veux manger l'homme, je te prie de me le donner pour cette fois.

Le tigre n'écoula pas le lièvre et voulait manger l'homme. Alors le lièvre dit : Si tu ne m'écoutes pas je vais me secouer et faire voler de mon corps une nuée de vautours qui te piqueront. Ne vas-tu pas m'écouter ? Le lièvre se secoua, et il vit un vautour voler en rond dans le ciel. Il le montra au tigre ; le tigre à la vue de ce vautour s'enfuit dans la forêt et ne dévora pas l'homme.