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Page:Contes tjames, trad. Landes, 1887.djvu/34

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que pleurer regrettant Noix de Coco ; elle rentra dans la coquille et y resta.

La princesse regrettant Noix de Coco ne faisait que pleurer dans la coquille nacrière. Au bout d’un mois et demi elle vit un homme et une femme qui venaient ramasser des coquillages. La princesse rentra dans la coquille et pleura, ses gémissements ressemblaient à ceux d’un enfant. L’homme et la femme les entendirent, ils coururent voir ce que c’était et ne trouvèrent pas de nouveau-né, ils ne virent qu’une coquille nacrière grande comme un boisseau et ils entendaient l’enfant gémir au dedans.

Ce jour-là l’homme et la femme ne ramassèrent plus de coquillages, ils emportèrent cette coquille à la maison. Quand ils furent arrivés chez eux la femme la plaça dans le jardin derrière la maison. Cet homme et cette femme étaient pauvres, ils n’avaient d’autre métier que d’aller ramasser des coquillages ou du bois et de les vendre pour vivre.

L’homme alla faire du bois, la femme alla vendre des coquillages et ils laissèrent la maison seule. La princesse alors sortit de la coquille nacrière, elle fit paraître du riz, de l’eau, du bétel, de l’arec, des gâteaux de toute sorte, elle prépara du thé ; elle mit tout cela dans la maison, ensuite elle rentra dans la coquille.

Quand le mari et la femme rentrèrent ils virent le riz sur le plateau, le bétel préparé dans la boîte, les gâteaux de toute espèce rangés là. L’homme et la femme avaient faim et voulaient manger ; ils s’en détournaient l’un l’autre de peur que quelqu’un n’eût mis dans ce riz quelque maléfice, mais l’homme avait grand’faim, il n’écouta pas sa femme, il prononça un vœu et mangea. Il prit une bouchée et y goûta et ne trouva aucun mauvais goût. Il mangea donc deux bols entiers sans voir rien se produire. Il exhorta alors sa femme et ils mangèrent sans