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Page:Contes tjames, trad. Landes, 1887.djvu/22

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Le roi appela sa fille cadette et sa fille aînée et leur ordonna d’aller le lendemain porter le riz à Noix de Coco. Mais l’aînée et la cadette dirent qu’elles ne le feraient pas ; qu’on laissât la dernière née le porter. L’aînée et la cadette étaient fort irritées contre Noix de Coco. Il n’a, disaient-elles, ni pieds ni mains, il ne fait que rouler çà et là, si nous lui portions du riz il roulerait vers nous pour le prendre et nous ferait peur. En fuyant nous répandrions tout le riz et il faudrait que Noix de Coco mourût de faim. Dans la brousse il y a beaucoup d’herbes ; en roulant vers nous Noix de Coco agiterait ces herbes, nous croirions que c’est un tigre, nous aurions peur et nous renverserions tout le riz. Laissons la dernière née y aller, elle est habituée à Noix de Coco.

Les deux filles du roi parlèrent ainsi à leur père. Le roi dit : Puisque c’est comme cela, soit ! laissons la dernière née porter le riz à Noix de Coco. La princesse se réjouit dans son cœur en pensant qu’elle porterait le riz.

Noix de Coco avait fait paraître dans la brousse des serviteurs. Quand le soir fut venu la pluie et l’orage avaient obscurci toute la forêt. Noix de Coco ordonna à ses gens d’enrouler des lianes et de les passer aux cornes des buffles et ensuite de chasser les buffles vers la maison et de les conduire à mi-chemin. Quand il fut près d’arriver à la maison, Noix de Coco ordonna à ses gens de rentrer dans la terre ; quant à lui, il chassa les buffles vers la maison. Quand il y fut arrivé il chassa les buffles dans la cour pour attendre qu’on les débarrassât de leurs lianes et il courut dans la cuisine pour se réchauffer.

La cadette et l’aînée des filles du roi étaient occupées à faire cuire le riz dans la cuisine. Noix de Coco se chauffa au feu et les deux princesses lui dirent des injures : Tu te chauffes ; va t’occuper de tes buffles, laisse-nous la place pour verser l’eau du potage.