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Page:Contes tjames, trad. Landes, 1887.djvu/20

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Les uns enroulaient les lianes autour des cornes des buffles, les autres conduisaient les buffles ensemble, d’autres le servaient lui-même. Les gens enroulèrent les lianes autour des cornes de tous les buffles et ils conduisirent les buffles. Au milieu du chemin Noix de Coco ordonna à ses gens de rentrer tous sous terre, et il ramena tous les buffles à la maison. Le roi le loua, et dans tout le pays, grands et petits, tous firent l’éloge de Noix de Coco. Le roi dit à ses gens d’aider à défaire les lianes enroulées autour des cornes des buffles et l’on trouva qu’il y en avait cent charrettes.

Le lendemain Noix de Coco alla garder les buffles et la princesse lui porta son repas une fois encore. Elle se cacha pour voir une fois encore ce qu’avait créé Noix de Coco. Elle vit des hommes et des femmes, des jeunes filles remplissant les cours par milliers et par milliers. Ils servaient Noix de Coco. Tous les animaux de la forêt, bœufs sauvages, cerfs, éléphants blancs, tigres, ours, avec toutes les espèces d’oiseaux des bois, tiong, bajœn, paons, tjagur bêtj, tourterelles, merles, vanneaux, tous venaient rendre hommage à Noix de Coco. C’était plus beau qu’aucune chose.

En même temps le son des trompettes, des tambours, des sharanaï se faisait entendre pour divertir Noix de Coco ; les poules chantaient, les chiens aboyaient comme si c’eût été un lieu habité par les hommes.

La princesse monta sur un arbre et regarda sans se laisser voir ; elle coupa des feuilles des arbres pour se cacher. La princesse regardait si elle voyait Noix de Coco occupé à garder, mais de son arbre elle ne le voyait pas. De l’arbre elle le vit enfin sortir de son enveloppe avec une beauté incomparable. Il était beau comme la lune de la nuit qui suit la pleine lune. Ses gens jouaient du tambour et des cymbales, soufflaient de