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Page:Contes tjames, trad. Landes, 1887.djvu/119

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turban. Tout à coup, en sautant un fossé, la queue du bufflon lui échappa, il tomba dans le fossé et y resta ne sachant comment faire pour sortir de là. Cette fois-ci, se dit-il, on s'apercevra que je suis aveugle. Il resta dans le fossé à arracher les herbes et à faire semblant de maugréer contre les domestiques. Avec des fossés aussi pleins d'herbes, disait-il, comment faire des rizières ou des plantations ?

Sa femme alla porter le riz aux champs, elle le trouva tout Irempé dans le fossé. Elle lui demanda ce qu'il faisait la. Il répondit qu'il avait vu ce fossé tout plein d'herbes et qu'il restait à l'en purger. Ce fossé n'est-il pas à nous, dit-il. Si, répondit la femme. Alors, dit-il, avec de pareils fossés comment aurions-nous de beau riz ? Le mari et la femme allèrent ensemble aux rizières, la femme marchant devant, le mari derrière, et quand ils y furent arrivés, il ordonna aux domestiques d'aller curer le fossé où il était tombé.

La femme revint à la maison, le mari resta aux rizières. Quand le soleil déclina, il ordonna au berger de lui atteler des buffles pour labourer. Le berger attela les buffles et l'aveugle se mit à labourer, passant d'une pièce dans une autre, franchissant les talus et les tertres. Le beau-père qui était venu à la rizière voyant cette étrange façon de labourer, lui dit : Comment laboures-tu ? Tu n'épargnes ni les talus, ni les tertres. C'est, répondit l'autre, que sur les talus je veux planter du maïs et le riz dans le bas, sans cela il y a trop de terrain de perdu. Fais comme tu voudras, dit le beau-père. Il laboura donc les talus et les tertres ; dans la rizière il planta du paddy, sur les talus du maïs et des courges, et quand le maïs et les courges eurent mûri, le beau-père fit un grand éloge de son gendre.

Des gens tuèrent un buffle et invitèrent les beaux parents, leur fille et leur gendre à venir manger ce buffle. Les deux