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Page:Contes tjames, trad. Landes, 1887.djvu/100

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XI

DEUX FRÈRES PAUVRES

[1]

Autrefois un homme avait planté du maïs dans un défrichement de la forêt. Quand le maïs fut près de sa maturité, il construisit un mirador pour surveiller son champ. Il s'y endormit profondément et, roulé dans sa natte, il ressemblait à un mort.

Ce jour-là des Krathœn [2] vinrent en cet endroit manger des fruits. Ils virent ce beau champ de maïs et l'homme qui dormait sur le mirador. Les Krathœn s'appelèrent l'un l'autre et ils dirent : Voilà du maïs qui est mûr et nous ne voyons personne y travailler. D'autre part, il y a un mort sur le mirador, nous ne savons si c'est le maître du champ ou un étranger.

Les Krathœn arrivèrent en troupe pour manger le maïs et virent qu'il en était ainsi. Ils se dirent : Allons d'abord enterrer

  1. Voir Contes et Légendes annamites, 7l-68. Le texte tjame de ce conte et des suivants n'a pas été autographié. La traduction a pu, par suite, prendre une allure un peu plus libre.
  2. Krathœn, espèce de singe.