Page:Conan - La Vaine Foi, 1921.djvu/43

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Si je me connais, la reconnaissance envers Notre-Seigneur domine tous mes sentiments.

Monsieur, vous êtes vraiment un ami, et il y a des choses intimes, sacrées, que je voudrais vous dire ; mais, vous qui n’avez pas le bonheur de croire, pourrez-vous me comprendre ?

Vous avez bien connu mon père, vous savez ce qu’il valait, le charme qu’il exerçait. Vous savez aussi qu’il ne pratiquait point. Il s’était laissé prendre aux caresses de la vie, aux enchantements du succès et semblait avoir perdu la foi. Ce que j’ai souffert, quand je vis la mort s’approcher. Aucune parole humaine ne vous en pourrait donner l’idée. Une crainte horrible, formidable s’ajoutait à ma poignante douleur.

Mais l’angoisse qui aurait dévoré mes jours et mes nuits, à l’heure suprême, Notre-Seigneur l’a changée en paix céleste, en douceur infinie. La mort de mon père m’a laissé une consolation parfaite. Que me seraient tous les biens apparents, toutes les joies, toutes les ivresses de la terre auprès du sentiment inexprimable de sa miséricorde, de la divine assurance que Jésus-Christ a daigné mettre au plus profond de mon âme ? C’est pour reconnaître sa bonté que je veux le servir jusqu’à la mort, dans ses pauvres.