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Pour mon père qui m’aimait d’un amour si grand, je veux satisfaire, je veux expier… Tous les assujettissements, tous les renoncements, tous les sacrifices me seront possibles, car j’ai la bienheureuse certitude de son salut. En douter un instant, je ne le pourrais jamais.

Rien ne me devrait coûter. C’est avec une joyeuse allégresse que je devrais aller où Jésus-Christ me veut.

Quand le service des pauvres me sera trop rebutant, je me rappellerai sa miséricorde envers mon père mourant. Je revivrai l’heure déchirante et bénie. Oh ! cette divine assurance de son salut dans mon âme qui défaillait d’angoisses… le mystère sacré, la grâce céleste de ce contact direct, personnel avec Lui, le juge redoutable et l’amour incarné…

Maintenant que ma mère y consent enfin, il faut tenir ma promesse. Seigneur Jésus, pour reconnaître votre bonté, aussi vrai que je suis la faiblesse même, je veux consumer ma vie au service de vos pauvres.

Ces pages où j’ai noté l’éveil de ma conscience, le travail divin en mon âme, seront peut-être une consolation à ma pauvre maman. Je vais les lui remettre au lieu de les détruire et j’y joins ma réponse à la dernière lettre de Benedict Osborne.