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— Je pense bien que non, répondit Lydie, mais être une sainte, ce doit être si ennuyeux.

Et, hélas ! C’est bien aussi ma pensée. Est-ce que je n’incline pas à voir en Dieu un ennemi mortel parce qu’il m’a créée pour Lui ? De quelle qualité est ma croyance ?… Ce n’est pas la première fois que je me le demande. Ah ! Je sens toute la faiblesse, toute la misère de l’âme humaine… Cette inertie intérieure, comment en triompher ?… À quoi sert de vouloir tempérer la religion au gré de ses désirs ? Nul ne peut servir deux maîtres. Voilà une parole de l’Évangile que je comprends. Je vois si bien l’opposition entre l’esprit de Jésus-Christ et l’esprit du monde. Mais en quoi cela m’avance-t-il ? Qu’ai-je retiré de mes méditations et de mes austères pensées ?…

J’ai l’horreur de l’indifférence religieuse… la honte profonde de ce demi-christianisme que Lemaître appelle l’une des bonnes farces de notre temps, mais entrer tout droit, tout à fait dans la vraie vie chrétienne, je ne m’y décide point.

La lutte contre soi-même est si dure. La seule pensée de ce combat continuel me déprime et je reste partagée entre des désirs contraires.