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La foule des humains s’en va à la tombe sans y songer. Je le sais. Mais la pensée de la mort est entrée en moi. Je ne puis l’ôter.


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22 août.

L’idée païenne chemine chez nous. On s’octroie une âme d’artiste séparée de son âme de chrétienne : « Si tu savais comme c’est triste de ne pouvoir s’admirer, de ne pas briller, de passer à peu près inaperçue », m’a dit tantôt une jeune fille. Elle m’a avoué être tentée de blasphémer parce que Dieu ne lui a pas donné la beauté. Cela m’a rappelé ce que nous disait le curé qui quêtait pour son hôpital.

Ah ! les douleurs artificielles.


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30 août.

Grande joie dans la famille. Naissance de ma première nièce.

C’est moi qui ai choisi son nom de Marie-Claire. J’aurais préféré n’être pas sa marraine, m’en sentant peu digne. Mais j’ai tâché d’agir en vraie catholique et le baptême m’a laissé au cœur une douceur inattendue.

Je songe beaucoup au mystère de notre régénération, à ce caractère ineffaçable que le baptême imprime : sceau sacré de l’adoption divine