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plein soleil, de merveilleux fils de la Vierge qui n’y étaient pas ce matin et ce gracieux travail de l’araignée m’a frappée d’étonnement, m’a fait faire des réflexions sans fin.

Depuis Jésus-Christ, si tous les chrétiens avaient vécu leur foi, fourni leur maximum d’efforts pour perfectionner, pour ennoblir, pour embellir la vie, que serait la terre ?…

Une lumière devrait émaner de nous. Il est triste, il est affreux d’étouffer en soi le divin. Je vois venir le jour où je ne pourrai plus supporter des aspirations, des sentiments que je ne traduirai pas en actes. Mais le courage me manque absolument et je reste avec une conscience douloureuse. Dans la sérieuse vie chrétienne, j’entrevois des gênes insupportables, des ennuis infinis, des renoncements impossibles.

Chose étrange, nous ne pouvons nous mesurer et nous aimons les riens.


* * *


30 juillet.

Le sérieux de la vie pèse parfois sur moi jusqu’à m’oppresser. Quelque chose s’est emparé de moi et ne me lâche point, mais la piété n’a pas d’attraits pour moi.

Un prêtre à qui je m’en plaignais m’a dit :

— C’est l’effet de la vie mondaine… Puis vous n’avez jamais souffert.