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L’électrode N servait de cathode ; l’anode était formée par le cylindre protecteur EFGH : un pinceau de rayons cathodiques pénétrait alors dans le cylindre de Faraday. Invariablement, ce cylindre se chargeait d’électricité négative. Le tube à vide pouvait être placé entre les pôles d’un électroaimant. Quand on excitait ce dernier, les rayons cathodiques, déviés, n’entraient plus dans le cylindre de Faraday : alors ce cylindre ne se chargeait pas ; il se chargeait aussitôt qu’on cessait d’exciter l’électro-aimant. Bref, le cylindre de Faraday se charge négativement quand les rayons cathodiques y pénètrent, et seulement quand ils y pénètrent : les rayons cathodiques sont donc chargés d’électricité négative. On peut mesurer la quantité d’électricité que débitent ces rayons. Je n’ai pas terminé cette étude, mais je donnerai une idée de l’ordre de grandeur des charges obtenues en disant que pour un de mes tubes, à une pression mesurée par 20 microns de mercure, et pour une seule interruption du primaire de la bobine, le cylindre de Faraday recevait assez d’électricité pour porter à 300 volts une capacité de 600 unités C.G.S.

III. Les rayons cathodiques étant chargés négativement, le principe de la conservation de l’électricité porte à rechercher quelque part les charges positives correspondantes. Je crois les avoir trouvées dans la région même où se forment les rayons cathodiques, et avoir constaté qu’elles cheminent en sens inverse, en se précipitant sur la cathode. Pour vérifier cette hypothèse, il suffit d’employer une cathode creuse, et percée d’une petite ouverture par laquelle puisse entrer une partie de l’électricité positive attirée. Cette électricité pourra alors agir sur un cylindre de Faraday intérieur à la cathode. Le cylindre protecteur EFGH, avec son ouverture beta, remplit ces conditions ; je l’ai donc employé, cette fois, comme cathode, l’électrode N étant anode. Le cylindre de Faraday s’est alors invariablement chargé d’électricité positive. Les charges positives étaient de l’ordre de grandeur des charges négatives précédemment obtenues. Ainsi, en même temps que de l’électricité négative est rayonnée à partir de la cathode, de l’électricité positive chemine vers cette cathode.