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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 089, 1879.djvu/603

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sang et l’injection à chaque pansement de quelques gouttes antiseptiques dans la profondeur de la plaie, on comprend de quelle utilité sont l’alcool et l’acide phénique à la période à laquelle les plaies sont saignantes, savoir au moment où elles sont produites et pendant les cinq à dix jours qui suivent.

Les chirurgiens qui les emploient pendant cette période ont donc raison, et nous n’avons pas, d’après tout ce qui précède, de puissants motifs pour donner une préférence absolue à l’un des antiseptiques sur les autres. L’acide phénique étant celui que l’on préfère aujourd'hui le plus souvent, nous voyons tout avantage à l’employer simultanément en pulvérisation, en lotions et en applications au moyen de la tarlatane, et à préférer la dose au quarantième ou au cinquantième, qui, renouvelée tous les matins, a grande chance de donner, sans exposer à la gangrène et à l’empoisonnement, un retard ou un amoindrissement de la putréfaction suffisamment préservateur des septicémies. »

COSMOLOGIE. — Sur une météorite sporadosidère tombée le 31 janvier 1879, à la Bécasse, commune de Dun-le-Poëlier (Indre), par M. Daubrée.

« Le 31 janvier 1879, vers midi et demi, une météorite est tombée dans la commune de Dun-le-Poëlier (Indre), dans la localité dite la Bécasse.

Une détonation formidable, dont on a comparé le bruit à celui d’une décharge d’artillerie ou d’une explosion de mine, et qui a été entendue sur une distance de plus de 20km, fut suivie d’un roulement semblable à celui du tonnerre, qui se répercuta pendant plusieurs minutes et frappa de stupeur les personnes qui l’entendirent. "Vers ce moment, un ouvrier qui travaillait dans un champ, ayant vu la terre jaillir sous forme de nombreuses éclaboussures, alla avertir le sieur Auchapt, cultivateur, et l’on retira alors du sol une pierre qui s’y était enfoncée jusqu’à une profondeur de 0m,30.

D’après la forme du trou, cette sorte de projectile est arrivée sur le sol à peu près verticalement. Certaines circonstances paraissent indiquer que la trajectoire du bolide était dirigée du sud-sud-est au nord-nord-ouest. Ainsi, lors de la détonation, le bruit a été entendu avec intensité tout près d’Issoudun, c’est-à-dire à 30km du point du lieu de la chute, tandis que, aux abords de ce dernier point, le bruit était beaucoup moins fort[1].

  1. Le bruit aurait été entendu jusqu’aux environs de Tours, vers l’ouest, et de Saint-Florent, vers l’est, localités distantes l’une de l’autre de plus de 160km.