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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 070, 1870.djvu/343

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considère comme vains tous les efforts faits de son temps par les physiciens, pour démontrer expérimentalement l’existence de la chaleur dans les rayons réfléchis par notre satellite. Dés lors, je puis affirmer de nouveau, malgré l’opinion contraire de M. l’abbé Zantedeschi[1], que le premier physicien ayant donné une démonstration expérimentale et incontestable de la chaleur des rayons lunaires, fut l’Italien Melloni, le 23 mars 1846[2].

Des expériences modernes plus précises, on doit conclure que le thermomètre le plus sensible, soit à air, soit à liquide, placé au foyer d’un miroir ou d’une lunette, ne peut pas rendre sensible l’existence de la chaleur dans le rayonnement lunaire. Cette conclusion avait déjà été regardée comme très-probable par M. Prevost[3].

Enfin, pour démontrer que la Lune possède de la chaleur en elle, à cause de son réchauffement par le Soleil, il suffirait de démontrer par l’expérience que la température du rayonnement calorifique de notre satellite croît plus rapidement que sa surface éclairée, c’est-à-dire que sa phase croissante, et non pas proportionnellement à cette surface ; et que le contraire arrive lorsque la phase lunaire décroît : de manière que la nouvelle Lune devrait encore réchauffer. Cela pourrait faire partie de l’ensemble des recherches intéressantes que M. Marié-Davy s’est proposé d’effectuer[4].


PHYSIQUE. — Les cristaux doubles de la neige ; par M. J. Girard.


Lorsque l’on examine les aiguilles prismatiques de la glace qui se produisent sur une vitre humide exposée à un froid assez intense, il est facile de remarquer qu’elles affectent, dans leur rapide formation, une grande irrégularité dans le caractère du système cristallin ; les causes multiples qui entrent concurremment dans la solidification de l’eau intervertissent la voie naturelle du phénomène. Mais elles sont détruites en partie quand une gouttelette d’eau, émanant des régions supérieures de l’atmosphère, passe successivement à travers des couches d’air dont la température est inférieure au zéro du thermomètre. Cette gouttelette isolée, se rap-

  1. Comptes rendus, t. LXIX, p. 1070 ; année 1869.
  2. Comptes rendus, t. XXII, p. 541 ; année 1846.
  3. Biblitothèque universelle de Genève, t. XIX, p. 35 ; année 1822.
  4. Comptes rendus, t. LXIX, p. 1154 ; année 1869.