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Page:Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, tome 070, 1870.djvu/342

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muni d’un microscope, les divisions sont beaucoup agrandies, et l’on peut ainsi apprécier même les dixièmes de millimètre, parce que les divisions sur le papier sont photographiées avec une exactitude qui ne laisse rien à désirer.

Les métodes pour compenser automatiquement les effets de la température ambiante dans les baromètres photographiques, applicables aussi aux baromètres communs, sont nombreuses ; il est nécessaire d’en assigner algébriquement les conditions, et je communiquerai bientôt les formules relatives à cette partie de la question, qui me semblent n’avoir pas encore été calculées.

P.S. Je demande la permission d’ajouter ici quelques autres détails historiques à ceux que j’ai eu l’honneur de communiquer à l’Académie, relativement au rayonnement calorifique de la Lune[1], afin de montrer que c’est Melloni, et non pas un autre, qui a le premier démontré expérimentalement l’existence de la chaleur dans ce rayonnement.

Plusieurs poètes, tels que Virgile, Dante, le Tasse, Marini, Guarini et d’autres, nièrent la chaleur dans les rayons lunaires. Plusieurs philosophes, sans le démontrer, admirent avec raison la puissance calorifique dans ces rayons. Aristote dit : Noctes in plenilunio sunt tepidiores ; et saint Thomas d’Aquin écrit : Lux quantum est de se semper est effectiva caloris, etiam lux Lunæ. Pic de la Mirandole et Jérôme Cardan admirent tous deux la chaleur dans le rayonnement lunaire. Mais on n’avait pas alors de thermomètres avec lesquels on pût faire des expériences sur ce sujet. Le physicien anglais Hooke expliqua la faiblesse sur la Terre de l’effet calorifique direct de notre satellite. Géminien Montanori, né à Modéne (1632) et mort à Padoue (1687), dans son ouvrage intitulé : L’Astrologia convinta di falsità (Venezia, 1685, p. 5), raconte qu’au moyen d’un thermomètre à air et d’un grand miroir on vit le rayonnement de la Lune produire une élévation de température de plusieurs degrés. Mais comme Montanori ne dit pas par qui cette expérience avait été faite, comme le thermomètre était alors très-imparfait, et enfin comme on ne peut pas admettre un effet calorifique de plusieurs degrés, produit par le rayonnement lunaire sur notre globe, cette assertion ne mérite évidemment aucune confiance.

Quant aux expériences dont parle Paul Frisi, dans ses Opuscoli filosofici (Milan, 1781, p. 9), en les lisant bien, chacun verra que cet auteur

  1. Compte rendus, t. LXIX, p.920 ; année 1869.