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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/89

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son emplette ; il les envoie à la maison, et nous partons pour Colmar, où il fit de bonnes affaires qu’il finit à Strasbourg complètement. M. Huzé fut chargé de ramener tous les chevaux. Mon maître part pour Paris et rend compte au ministre que dans quinze jours ses chevaux seraient arrivés. « Eh bien ! dit le ministre, faites-les diriger sur Paris, vous épargnerez de grands frais. Donnez de suite vos ordres pour qu’ils arrivent ; vous avez mis beaucoup d’exactitude. Vous me donnerez avis, ne perdez pas de temps ! »

M. Potier prend la diligence, fait diriger les deux cents chevaux sur Paris, en écrivant à son épouse de me faire partir pour Saint-Denis avec une voiture de son, ses chevaux devant rester quatre jours pour se rafraîchir. J’eus le bonheur d’arriver à Saint-Denis le premier, et tout fut prêt ; les quatre jours furent suffisants pour referrer tous les chevaux, et arriver à l’École militaire comme si nos chevaux sortaient d’une boîte, tant ils étaient frais. La voiture de son fut bien payée : tous les chevaux furent reçus. Devant les officiers d’artillerie, des inspecteurs, un général, on fut quatre heures à faire trotter, mais le pourboire fut nul pour moi. Je fus bien désappointé de ce contre-temps. Monsieur me dit : « Vous ne perdrez rien, je vous ferai cadeau d’une montre. » Aussi il m’en donna une belle, et deux cents francs pour les chevaux des repré-