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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/84

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madame fit les honneurs ; rien n’y manquait, ni moi, la serviette sur le bras, ni les laquais des messieurs qui étaient derrière leurs maîtres. Tous mangeaient sans parler au premier service ; l’un des laquais était découpeur et présentait les morceaux tout coupés que nous présentions à ces messieurs, qui en refusaient souvent. Au second service, paraît un brochet monstre et des écrevisses superbes. « Ah ! madame, dit un convive, voilà une pièce rare. — C’est vrai », disent-ils tous. Mais le sous-préfet ajoute : « M. Potier a un réservoir superbe, il prend des anguilles magnifiques. »

Enfin les louanges pleuvent de toutes parts ; le champagne arrive, voilà tout le monde en gaieté ! Monsieur leur dit : « J’ai passé par Épernay, et j’en ai fait une petite provision. — II est parfait », dit le sous-préfet.

Le dessert servi, on nous fit retirer, et madame demande la permission de s’absenter pour un moment. On lui répond : « Toute liberté, madame ! » Madame donne ses ordres et dit à son mari : « Ces messieurs prendront du punch pour finir la soirée ? — Ça va sans inconvénient. »

Le sous-préfet dit : « Je vous prie de prendre ma maison pour votre hôtel, et j’invite monsieur et madame à me faire l’amitié de venir dîner chez moi. Nous viendrons voir vos beaux chevaux. »

Ces messieurs arrivent à midi pour voir atte-