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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/80

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M. Potier me dit : « Nous partirons demain pour la foire de Reims, il me faut des chevaux pour Paris, il m’en faut qui soient bien appareillés, c’est pour des pairs de France[1] ; il les veulent tout dressés et de quatre à cinq ans. Vous aurez le temps de vous exercer. » Il fait appeler son garçon marchand de chevaux : « Je vous emmène avec nous à cinq heures demain matin, à cheval, pour la foire de Reims. Il nous faut cinquante chevaux, voilà les tailles et les couleurs. Je n’ai pas besoin de vous en dire davantage ; vous connaissez votre affaire. Partez ce soir. »

On fait prévenir M. Huzé de venir s’entendre pour le départ et de prendre un domestique avec lui pour mener le cheval qui portait les valises. Nous voilà partis à midi, nous arrivâmes à Reims trois jours avant la foire. Le vieux piqueur de M. Potier eut tout le temps de parcourir toutes les campagnes pour signaler tous les chevaux qui nous convenaient, et il revient avec le signalement de trente, et des arrhes avaient été données. Le vieux piqueur dit : « Je crois avoir fait une bonne affaire. J’ai une liste de cent chevaux que j’ai tenus ; j’ai tous les noms des particuliers. »

La foire fut terminée en trois jours ; le total

  1. Il n’y avait point de pairs alors, mais la suite montrera qu’il s’agissait du Directoire, qu’on connaissait plus ou moins bien dans les campagnes.