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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/76

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Elle me met six francs dans la main et me fait seller son vieux cheval. Et nous voilà partis au bon trot. « Quelle bonne journée pour moi !.... M. Potier me dit : « Je suis content de vous. — Je vous remercie, monsieur. Cette dame m’a fait voir la laiterie et sa batterie de cuisine. Que tout cela est beau ! Ce sont de vrais amis, madame n’est pas fière. »

Le lendemain, on vient chercher le vieux bidet, et M. Potier me dit : « Vous prendrez celui que nous avons amené de votre pays. Demain nous allons ensacher de la farine : il nous en faut cent sacs pour Paris, c’est vous qui prendrez le boisseau, je vous montrerai cela. Demain vous boirez un coup à sec, il faut que vous appreniez à tout faire. Chez nous, vous n’aurez jamais d’ouvrage comme les autres ; je vous mettrai au courant de bien des ouvrages ; il faut que vous sachiez tout faire. » Le lendemain matin, il me présente au garde-moulin, et lui dit : « Baptiste, voilà Jean que je vous amène, il faut lui montrer à manier le boisseau, il sera à votre disposition toutes les fois que vous en aurez besoin, il est rempli de bonne volonté. — Mais, monsieur, sera-t-il assez fort pour manier le boisseau avec moi ? — Soyez tranquille, je vais présider à tout cela. »

Voilà M. Potier qui prend le boisseau, et me montre : « Faites comme cela. » Je voulais lui