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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/70

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n’en a que deux. — Eh bien ! il faut lui donner la demi-douzaine. Tiens ! il faut lui payer sa bonne action : je vais lui faire cadeau du pantalon et du gilet rond que tu m’as fait faire ; il sera habillé tout à neuf. — Bien, mon ami, tu me fais plaisir. »

M. Potier me dit : « Vous gagnerez dix-huit francs par mois et les profits : trois francs par cheval. — Monsieur et madame, combien je vous remercie ! — Si vous vous étiez noyé en sauvant notre cochon ! Vous avez mérité cette récompense. »

Je me vois habillé comme le maître de la maison. Dieu ! que j’étais fier ! Je n’étais plus le petit Morvandiau.

Comme ils se prêtaient à m’habiller, je dis : « Mais, monsieur, il ne faut pas m’habiller. Et les chevaux ! et les cochons ! Il faut je retourne à mon poste, mes habits seraient perdus. — Tu as raison, mon enfant. »

Ils vont chercher des vêtements à leur neveu et me voilà en petite tenue. Je me trouvais seul, le garçon d’écurie était à la ville et les garde-moulins ne voulaient pas se mettre les pieds à l’eau. On me donne un grand verre de vin de Bourgogne bien sucré, et je me remets à l’eau. Je donne le foin aux chevaux. Je bloque mes dix-huit cochons dans une écurie qui était vide. Pour cela je prends une grande perche et poursuis tous mes gaillards devant moi, et finis par