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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/56

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DU CAPITAINE COIGNET.

bien ! si vous me permettez, je vais vous l’apprendre. »

Oh ! alors, voilà qu’ils me serrent de près, ils me prennent par le bras. Je vous promets qu’ils sont tout oreilles pour m’entendre : « Voilà quatre ans que je suis perdu. Nous étions quatre enfants. Les mauvais traitements de notre belle-mère nous ont fait quitter la maison paternelle et pas un ne m’a reconnu. Je suis domestique chez ma sœur du premier lit, vous pouvez vous en assurer à votre passage. » Et me voilà à pleurer.

« Allons, ne pleurez pas ; nous allons vous faire un mot d’écrit que vous remettrez à madame, qui vous enverra à Auxerre pour aller chercher notre cheval qui est tombé à l’auberge de M. Paquet, près la porte du Temple. Voilà de l’argent et des assignats pour payer le vétérinaire et l’aubergiste : cela fait trente francs. Vous le ramènerez tout doucement, vous lui ferez manger du son à Courson ; vous ne monterez pas dessus. — Non, messieurs. Il ne faut pas parler de moi à ma sœur. — Soyez tranquille, mon jeune garçon. Remettez-lui ce petit mot et demain vous partirez pour Auxerre. Vous aurez bien soin de notre cheval. Nous sommes à Entrains pour huit jours. Quand vous verrez arriver nos chevaux, vous vous tiendrez prêt. Prenez seulement une chemise dans votre poche. — Ça suffit. »