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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/517

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Antoine, arrivé auprès de la Bastille, un grand bel homme qui passait là, vêtu d’une blouse, m’arrête tout à coup en m’abordant : « Voilà, me dit-il, un monsieur qui doit connaître Coulommiers, ou je me trompe fort. — Vous ne vous trompez pas, répondis-je aussitôt, en toisant mon homme de mes plus grands yeux ; j’ai connu beaucoup, à Coulommiers, M. Potier. — C’est donc bien vous, monsieur Coignet ? — Oui, c’est bien moi, monsieur Moirot, car je crois vous remettre à mon tour. Mais M. et Mme, Potier, comment vont-ils[1] ? — À merveille. Ils vous croient bien perdu, et il y a longtemps, car nous parlons souvent de vous. — Cependant me voilà, et, comme vous voyez, gaillard et bien portant. — Mais vous avez donc la croix ? — Oui, mon ami, et de plus, le grade de capitaine. Il y a bien longtemps que nous ne nous étions vus. Voulez-vous me permettre de vous embrasser ? — Très volontiers : je n’en reviens pas de surprise et de joie de vous retrouver, mon cher monsieur Coignet ; nous vous croyons tous si bien mort ! Mais, où restez-vous donc ? — Chez mon frère, marché d’Aguesseau. — Moi, je décharge mes farines chez le boulanger du coin du marché. — C’est mon frère qui l’approvisionne. — Vous savez maintenant mon adresse : il faut me faire l’amitié

  1. M. Moirot avait été en même temps que moi domestique au service de M. Potier.