Ouvrir le menu principal

Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/497

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
458
les cahiers

reste Auxerre était aussi en mouvement ; c’était tout feu. Heureusement que ça ne dépassait pas les portes de la ville, ils se contentaient de faire leurs petits rassemblements à la porte du Temple, à l’Hôtel de ville, à la Préfecture, sur la route de Paris pour arrêter les dépêches ; ils se donnaient bien garde de dépasser la montagne Saint-Siméon, mais ils escortaient la malle-poste. Ah ! les bons défenseurs de la patrie ! Je les regardais en dessous et suivais tous leurs mouvements. Que Robert était content d’avoir un paquet de proclamations de Paris ! il montait sur les bancs, sur les bornes pour planer sur le public. Dieu ! qu’il était heureux !

Quant aux autorités d’Auxerre, les moutards les avaient expulsées, ils s’étaient emparés de l’Hôtel de ville et avaient arboré le drapeau tricolore. On se dépêcha de rétablir l’ordre, on forma de suite la garde nationale, les élections eurent lieu le plus promptement possible. Je me trouve très surpris de me voir nommé porte-drapeau sans ma permission. La loi était pour moi : j’étais libre d’être de la garde nationale ou non ; on m’apporte ce brevet de porte-drapeau : « Mais qui vous a permis de me nommer sans mon aveu ? — Tout le monde vous a porté ; vous êtes nommé à l’unanimité ; vous ne pouvez refuser. — Vous êtes donc les maîtres ? Qui est votre chef de bataillon ? — C’est M. Turquet. — Vous