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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/496

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montaient pour 30 ans à 1,200 francs ; pour 12 campagnes, à 240 francs ; pour 6 mois, à 10 francs ; Total : 1,450 francs. Je reçus ma retraite le 23 août 1829, date de l’accomplissement de mes 30 ans de service. Un ami partit pour Paris et s’occupa de moi près de son cousin, M. Martineau des Chesnez, chargé du personnel au ministère de la guerre. Je reçus cette belle retraite rue des Belles-Filles ; il se trouvait du monde quand je reçus ce brevet de pension se montant à 1,450 francs au lieu de 930 francs que j’attendais ; je fis une exclamation de joie en disant : « Tant mieux ! mes pauvres en profiteront. » Je tins parole, je doublai mes aumônes ; il y avait dans mon quartier la veuve d’un militaire qui avait deux garçons et une fille, je mis les deux garçons en classe qui me coûtèrent 80 francs par an ; je leur donnais toute ma défroque. Je peux en citer un, il se nomme Choude ; il fit tant de progrès qu’il entra au petit séminaire d’Auxerre ; maintenant il est curé dans une campagne. Je ne l’ai pas revu, mais j’ai fait le bien et cela me suffit.

L’année 1830 amena une grande agitation en France. Toutes les têtes étaient échauffées contre les vieilles monarchies, on voulait les chasser pour la dernière fois. Paris se souleva ; c’est toujours lui qui donne le branle aux révolutions. Paris changerait de gouvernement aussi souvent que nous changeons de chemise. Du