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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/495

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les cahiers

terre qui la couvre soit légère ! Elle a fait du bien aux pauvres toute sa vie ; tous les lundis, elle distribuait plein une sébille de gros sous, et tricotait des bas aux aveugles. Elle s’était imposé 12 francs par mois, je lui disais : « C’est bien lourd, ma chère amie. — Cela nous portera bonheur. » (J’ai toujours continué, mais j’en ai perdu deux qui m’ont allégé de 6 francs ; reste à payer 6 francs par mois.)

Tous les 15 jours, ma femme avait des pauvres à sa table depuis que nous avons quitté le commerce. J’ai réformé tout cela depuis que je suis seul ; je me réserve seulement de porter moi-même l’obole que mon épouse avait contracté l’habitude de donner à ses pauvres. Toutes ses volontés sont sacrées pour moi ; elle m’a prié par un écrit qui est dans mon secrétaire, sans date ni signature, de faire 100 francs à son frère Baillet, qui est à Paris. Cela est payé tous les trois mois sur ma pension, ainsi que 72 francs pour ses pauvres, ce qui me fait une somme de 172 francs par an.

J’ai été entraîné dans ce pénible souvenir qui ne se trouvera peut-être pas à son lieu et place. Maintenant je reviens à mon sujet. Les années 1826 à 1829 se passèrent sans événements pour moi ; l’accomplissement de mes 30 ans de service était échu ; il y avait longtemps que je l’attendais. J’avais 15 ans 11 mois 9 jours de grade de capitaine ; mes services se