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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/492

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ma liberté que je viens vous demander, vous êtes maître de choisir. Je ne vous demande pas de grâce, je vous jure sur l’honneur que je suis innocent, et ma parole doit vous suffire. Voilà mon dernier mot : je viendrai demain à trois heures pour savoir ce que vous aurez décidé. Vous êtes maître de me faire arrêter. Si vous me permettez de me retirer, je prends mon fusil, je parcours les rues, et si je trouve l’infâme, je crie aux citoyens : Rangez-vous que je tue ce chien enragé ! — Allons, capitaine, calmez-vous. — Général, si votre mouchard ne vous dit pas la vérité, faites-lui donner cent coups de bâton, et vous ne serez plus trompé. — Vous pouvez vous retirer. »

Il vint me conduire jusqu’à la porte ; j’avais frappé juste. Le lendemain, à trois heures moins un quart, j’étais sur le pas de ma porte, attendant l’heure de partir chez le général ; arrive M. Ribour : « Capitaine, je viens vous dire que toutes les dénonciations ont été brûlées devant moi ; elles se montaient à 42. Vous pouvez parler, dire tout ce que vous voudrez ; vous ne serez plus dénoncé. » La gaîté reparut chez moi, mais le 8 mai, la grêle ravagea mon jardin ; je perdis ma petite récolte. Ceux qui furent préservés de ce fléau firent du bon vin à Auxerre ; j’en fis 18 feuillettes dans mes petites vignes de Mouffy qui me sauvèrent pour l’année 1822.

Mon père fut, comme moi, victime de dénon-