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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/491

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les cahiers

il a un coup de sabre sur la figure, il m’a dit qu’il venait de Grèce. Je lui ai donné 3 francs, un bouillon et deux verres de vin ; il n’y a que lui qui a pu me dénoncer ; si vous voulez le permettre, je vais aller chez le général. — Il le sait. — Déjà ! C’est à dix heures que l’infâme est sorti de chez moi ; il va vite, il fait du chemin en deux heures. Voulez-vous me permettre d’aller m’expliquer auprès du général ? — Allez, vous viendrez me rendre compte de ce qu’il vous aura dit. — Ça suffit. »

J’arrive rue du Champ ; je trouve le général en grande robe de chambre dans son salon, près d’un bon feu : « Mon général, je vous salue. — Bonjour, Monsieur. — Je ne suis pas Monsieur, général, je suis le capitaine Coignet qui vient d’être encore dénoncé, mais cette fois je connais le scélérat ; c’est un mouchard de Paris. Il s’est présenté chez moi avec une liste de tous les officiers en demi-solde ; je voudrais bien connaître celui qui se permet de donner tous nos noms : il aurait ma vie ou j’aurais la sienne. Car je lui ai donné 3 francs, deux verres de vin, un bouillon, et pour récompense de mon obole, il est venu me dénoncer comme un lâche. Vous devez l’avoir gardé, je pense, pour nous mettre en présence devant vous. Si vous l’avez fait partir, il est temps que cela finisse. Voilà six ans passés que je suis sous votre surveillance sans l’avoir mérité. Aujourd’hui, général, c’est ma mort ou