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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/485

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les cahiers

ton en me voyant entrer : « Voilà une note. — C’est très bien, mon brave ; vous aurez cela ce soir. » J’en fis autant chez M. Labour. Les quatre notes réunies se montaient à 3,500 francs ; c’était effrayant pour moi, mais ma chère épouse me disait : « Sois sans inquiétude, nous nous tirerons d’affaire avec du travail et une sévère économie ; nous viendrons à bout de tout. » Que j’étais heureux d’avoir trouvé un pareil trésor !

Lorsque toutes nos marchandises furent placées et nos factures reconnues, il vient un ami de M. More nous visiter, c’est M. Fleutelat. Après les compliments, il me dit : « Capitaine, si vous voulez, je vous prête 10,000 francs sans intérêt. — Je vous remercie ; cela m’empêcherait de dormir ! M. More et M. Labour m’ont ouvert un crédit, je vous suis bien reconnaissant. »

Lorsque nous fûmes bien organisés, les acheteurs arrivèrent de toutes parts, et la vente allait on ne peut mieux : 1,500 francs par mois. J’étais content de pouvoir porter 1,000 francs à M. More et 500 francs à M. Labour ; je renouvelais nos marchandises avec joie.

J’étais toujours tourmenté par l’inquiétude des dénonciations. Lorsque je voyais un agent de police, je croyais que c’était pour moi, et souvent je ne me trompais pas : « Que me voulez-vous, Monsieur ? — Passez à la Mairie. — Je vous suis dans une heure. — Ça suffit. »