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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/484

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ment une femme de ménage à 3 francs par mois. Je pris donc la serpillière pour brûler mon café, mais comme j’étais en disponibilité, il me fut défendu de la porter. Il fallut se résigner. J’allai chez M. More le prier de m’ouvrir un crédit en épiceries : « Je vous donnerai tout ce dont vous aurez besoin. — Mais pas de billets ! tout sur ma bonne foi, je prendrai seulement un livret. — Tout ce que vous voudrez. — Eh bien, commençons aujourd’hui. Je ne prends pas tout chez vous ; il faut que M. Labour me fournisse aussi certains objets, tels que de l’huile, du chocolat et des cierges. — Tout ce que vous voudrez est à votre service. »

Mes emplettes se montaient à 1,000 francs ; il voulait m’en faire prendre davantage : « Si j’en ai besoin, je reviendrai. » Je fus chez M. Labour lui faire pareille demande : « Vous trouverez chez moi tout ce dont vous aurez besoin, avec un livret seulement. — C’est entendu, je partage ma pratique entre vous et M. More. — C’est juste, c’est de droit. — Voyons, commençons ! Voilà la note que ma femme m’a donnée ; mettez toutes ces marchandises sur mon livret ; la recette du premier mois sera pour M. More et le mois suivant pour vous, cela vous arrange-t-il ? — Tout m’arrange avec vous. » Sa note montait à 800 francs.

Tout cela placé, il fallut retourner. M. More donna un petit mouvement à son bonnet de co-