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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/483

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les cahiers

ner de cérémonie ; sa demoiselle était fille de boutique de mon épouse. Nous revînmes à Auxerre à neuf heures du soir, personne dans le quartier se doutait de rien.

Le lendemain, je me lève à cinq heures pour ouvrir ma boutique, et les voisins me voyant si matin disaient : « L’amoureux est bien matinal. » Le lendemain, même répétition ; ils ne se doutaient pas que je fusse marié. Je peux certifier que, y compris la voiture, pour frais de noce, j’ai dépensé 20 francs en deux jours ; on ne peut pas être plus modeste.

Le dimanche, nous fûmes faire nos visites. Partout, des reproches de ne pas les avoir invités à la célébration de notre mariage : « Ne m’en voulez point, je ne le pouvais. Il aurait fallu que je vous renvoyasse au sortir de l’église, ne pouvant vous recevoir ; vous êtes trop nombreux, je ne vous demande que votre amitié. » Les dames disaient : « Si nous avions assisté seulement à la bénédiction. — Il était trop matin pour vous déranger. » C’était partout les mêmes reproches.

La famille était si nombreuse que nous en eûmes pour trois jours. Ces pénibles visites terminées, je pris de suite le collier ; je me multipliai : à quatre heures du matin sur pied pour faire notre petit ménage, je mettais la main à tout avec mon aimable épouse. Nous n’avions pas les moyens d’avoir une domestique, mais seule-