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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/478

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ses intentions à ses parents, elle en devint propriétaire. Je l’avais perdue de vue ; passant chez M. Labour, confiseur, pour lui faire visite, Mme Labour me dit : « Connaissez-vous un capitaine décoré qui demeure à Champ ? — Non, Madame. — C’est qu’il désirait se marier avec une demoiselle de nos amies qui était chez M. More depuis 11 ans, et qui vient de s’établir à son compte. — Et où est-elle établie ? — Au coin de la rue des Belles-Filles, elle a payé le fonds et la maison tout au comptant, avec un bon mobilier. — Eh bien, Madame, je ne connais ce capitaine que pour l’avoir vu aux grandes cérémonies ; je ne puis vous en donner de renseignements positifs. »

Je pris congé : « Ah ! me dis-je, on veut me souffler cette demoiselle. Il ne faut pas perdre de temps. » Le même jour je vais chez Mlle Baillet ; c’était son nom de famille : « Mademoiselle, je désirerais avoir du café et du sucre. — Volontiers, Monsieur, dit-elle. — Je voudrais avoir le café frais moulu. — Je vais vous en moudre ; combien en voulez-vous ? — Une livre me suffit. » Et voilà que je lui fais tourner son moulin.

Cette opération finie et mes deux paquets attachés, je paye : « Je n’en ai pas pris beaucoup ? — Tant pis, Monsieur. — Ce n’est pas cela que je désirais ; c’est à vous que je veux parler. — Eh bien ! parlez, je vous écoute. —