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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/466

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naire, me fit vendre mon beau cheval de bataille 924 francs au fils Robin, de la poste aux chevaux ; il m’en avait coûté 1, 800 ; il fallut passer par là. Il m’en restait encore deux. Lorsque le 60e (de l’Yonne) eut l’ordre de partir d’Auxerre pour prendre garnison à Auxonne, je reçus une lettre du chirurgien-major : « Mon brave Capitaine, vous pouvez amener vos deux chevaux, je les crois vendus si le prix vous convient (1,200 francs et 80 francs pour le voyage). Si cela vous arrange, vous nous trouverez à Dijon. Nous sommes là pour le passage de la duchesse d’Angoulême, le major en prend un, le commandant l’autre ; tous descendrez au Chapeau-Rouge ; c’est là qu’ils logent. »

Comment faire pour aller à Dijon ? Si je le demande, on me dira : « Je vous défends de sortir de la ville. » Diable ! mon coup serait manqué ; il faut partir à trois heures du matin. Je ne dormais pas, comme si j’allais faire une mauvaise action. Le lendemain, j’étais à huit heures à l’hôtel du Chapeau-Rouge. A onze heures, le régiment de l’Yonne rentrait défaire la conduite à la duchesse ; j’avais eu le temps de faire rafraîchir mes chevaux. On annonce mon arrivée à ces messieurs ; ils viennent ; le gros major me voyant, dit : « Le maître de ces chevaux n’est donc pas venu ? — Vous me prenez, sans doute, pour un domestique, vous vous trompez ; je suis le propriétaire de ces chevaux. Je n’ai pourtant pas la