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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/464

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mes bons amis. » J’entends alors marcher près de la porte de l’écurie, je défais les deux verrous, je vois une patrouille, arme au pied, qui m’écoutait, j’ouvre la porte et leur dis : « Voilà les personnes à qui je parle. » Un peu confus, l’officier fait porter les armes et continue son chemin. « Mon Dieu ! me dis-je, je suis donc surveillé. »

Tous les jours j’allais au café Milon passer mes soirées et voir faire la partie des vieux habitués. Je fis connaissance de M. Ravenot-Chaumont. Cet excellent homme me prit en amitié ; après avoir pris sa demi-tasse de café, il me disait : « Allons, capitaine, faire notre petite promenade. » Nous sortions par la porte du Temple, nous allions par des sentiers détournés contempler les vignes. Je me croyais seul avec mon ami, mais pas du tout ! nous aperçûmes un homme couché à plat ventre sous les pampres de vigne, qui nous écoutait parler. La police était alors contre moi ; je ne tardai pas longtemps à en sentir les premières étincelles. Je fus invité à passer à l’Hôtel de ville pour me présenter devant le maire, M. Blandavot, grand et aimable magistrat. Je n’ai qu’à me louer de son accueil, toujours bienveillant. « Vous êtes dénoncé, me disait-il, il faut faire attention ; vous avez tenu des propos contre le Gouvernement. — Je vous jure sur l’honneur que c’est faux. Je renie la dénonciation et le dénonciateur ; faites-moi me justifier de-