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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/448

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arrivés au bout de la grande avenue, le général mit pied à terre pour souffler et délibérer ; ensuite, nous partîmes pour Meaux. La désolation régnait de toutes parts ; nos déserteurs arrivaient, la plus grande partie sans armes ; c’était navrant à voir.

Meaux était tellement encombré de troupes qu’il fallut partir pour Claye ; là, nous trouvâmes le pays désert. Tous les habitants avaient déménagé ; c’était comme si l’ennemi y avait passé. Tout le monde rentrait dans Paris avec ce qu’il avait de plus précieux ; les routes étaient encombrées de voitures ; ils avaient tout renversé dans leur maison ; l’ennemi n’en aurait pas fait davantage.

Nous arrivâmes aux portes de Paris par la porte Saint-Denis ; toutes les barrières étaient barricadées ; la troupe campait dans la plaine des Vertus et aux buttes Saint-Chaumont ; le quartier général était au village de la Villette, où le maréchal Davoust s’établit. Il était ministre de la guerre, général en chef, enfin il était tout ; on peut dire qu’il gouvernait la France. Toute notre armée était donc réunie au nord de Paris, dans cette plaine des Vertus où le maréchal Grouchy arriva avec son corps d’armée qui n’avait pas souffert ; on nous dit qu’il avait trente mille hommes. Le grand quartier général était réuni à la Villette, près du maréchal Davoust ; comme j’étais vaguemestre,