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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/420

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NEUVIÈME CAHIER

en demi solde. — les cent jours et waterloo. — rentrée a auxerre. — dix ans de surveillance. — mon mariage. — 1830. je suis nommé porte-drapeau de la garde nationale et officier de la légion d’honneur.


Le Gouvernement nous renvoya planter des choux dans nos départements, avec demi-solde, soixante-treize francs par mois. Il fallut se résigner ; je vendis deux de mes chevaux et gardai mon cheval blanc ; je plaçai mon domestique à la Maison d’Autriche pour emmener des chevaux de main ; je partis pour Auxerre, chef-lieu de mon département, et je végétai dans cette ville toute l’année 1814.

Je ne connaissais personne ; je finis par être invité chez M. Marais, avoué, rue Neuve, un vrai patriote. Il m’offrit mon couvert chez lui ; il poursuivait un procès au nom de mon frère contre ma famille qui nous avait dépouillés d’un peu de biens du côté de notre mère. C’était le beau-père de M. Marais qui avait entamé le maudit procès qui dura dix-sept ans. Je ne l’appris qu’à mon arrivée de l’armée. Lorsque mon procès fut appelé, je me présentai au tribunal en grande tenue, et me posai là dans le plus