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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/413

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les cahiers

devant nous des colonnes considérables sur Montereau ; c’est là que l’Empereur avait placé un corps d’armée pour les recevoir. Pas du tout : il fut trahi par celui qui les laissa passer, et tout le poids retomba sur nous. Cette bataille eut lieu le 18 : Montereau fut dévasté ; de tous les côtés, les boulets tombaient sur cette ville. L’Empereur, furieux de ne pas entendre le canon de son corps d’armée, dit : « Au galop ! » Nous étions sur la route de Nangis, à gauche de la route de Paris. Arrivé sur une hauteur à gauche de cette route, il distingua de cette position l’ennemi qui défilait sur le pont de Montereau. Furieux de ce contre-temps, il dit au maréchal Lefèbvre : « Prends tout mon état-major, je garde près de moi Monthyon, un tel et un tel ; pars au galop ; va t’emparer du pont, l’affaire est manquée, je vole à ton secours avec ma vieille garde. » Et nous voilà partis.

Descendus au bas de la montagne avec cet intrépide maréchal, nous arrivâmes sans être arrêtés ; nous tournons à gauche par quatre sur le pont, ventre à terre. Toute leur arrière-garde n’était pas passée. En arrivant sur le milieu du pont, une brèche large ne fut pas un obstacle pour nous, à cause de la rapidité avec laquelle nous étions conduits ; nos chevaux volaient. J’étais monté sur mon beau cheval arabe pris à la bataille de Hanau. Voici un trait qui mérite d’être rapporté. En franchissant cette arcade du