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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/412

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la traverse, mais sans succès ; le colonel Gourgaud, qui causait en ce moment avec Napoléon, se mit en défense et d’un coup de pistolet tiré à bout portant abattit le cosaque. Au coup de pistolet, nous arrivâmes sur ces maraudeurs. Il était temps de s’arrêter ; tout le monde était sur les dents et tombait de besoin. Vingt-quatre heures sans débrider, sans manger ; je puis dire que les soldts avaient fait plus que leurs forces et s’étaient battus comme des lions ; un contre quatre.

De Brienne, l’Empereur se dirigea sur Troyes en passant sur la rive gauche de l’Aube, et nous restâmes trois jours pour nous reposer. Le 1er février, nous retrouvâmes les ennemis à Champaubert ; ils reçurent une bonne frottée ; il nous fallut rétrograder sur la rive droite de l’Aube, au village de la Rothière. La journée de la Rothière était la première bataille rangée de la campagne ; nous conservâmes notre champ de bataille, mais rien au delà ; nous ne pûmes recommencer le lendemain. Toutefois, les coalisés ne purent se vanter de nous avoir battus. Le 11 février, on se battit à Montmirail. Partout où l’Empereur se trouvait, l’ennemi était battu. Le 12, combat de Château-Thierry ; le 15, combat de Gennevilliers ; le 17, nous arrivâmes à Nangis après des marches forcées de nuit dans des chemins de traverse pour gagner les têtes de colonne de nos ennemis. Nous poussions