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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/410

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pas un habitant ne put rester dans cette ville. Les alliés perdirent beaucoup de monde, et furent obligés de se retirer pour prendre position sur les hauteurs de Brienne ; ils occupaient une position d’où ils pouvaient nous foudroyer ; tous les efforts de nos troupes à plusieurs reprises furent repoussés par leur artillerie. À force de manœuvrer, les terres se détrempèrent ; la journée s’avançait, on ne pouvait se dégager dans des terres effondrées. Cependant l’Empereur, à cheval près d’un enclos, se préparait à tenter un dernier coup. Le prince Berthier voit des cosaques sur notre droite qui emmenaient une pièce de canon : « À moi, me dit-il, au galop ! » Il part comme la foudre ; les quatre cosaques se sauvèrent, et les malheureux soldats du train ramenèrent leur pièce. A ce moment, l’Empereur lui dit : « Je veux coucher au château de Brienne, il faut que cela finisse. Mets-toi à la tête de mon état-major, et suis mon mouvement. »

Le voilà qui passe devant sa première ligne ; s’arrêtant au centre des régiments, il dit : « Soldats, je suis votre colonel ; je marche à votre tête ; je prends le commandement. Il faut que Brienne soit pris. » Tous les soldats crient : « Vive l’Empereur. » La nuit arrivait, il n’y avait pas de temps à perdre pour commander le mouvement. Chaque soldat en valut quatre. La fureur de nos troupes fut telle que l’Empereur ne put les contenir, ils passèrent à la