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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/390

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tâchez de vous procurer de suite des épaulettes de capitaine. — Mais, général, comment ? — J’ai fait donner permission à un passementier de s’installer dans la grande rue. — Je vais le trouver, si vous me le permettez. — Allez, mon brave. — Mon général, dans la joie d’être capitaine, j’ai oublié de vous dire que j’avais renvoyé deux paysans de Lutzen avec leurs voitures et leurs chevaux ; ils s’étaient mis à genoux ; et je leur ai demandé de quel pays ils étaient. « De Lutzen », m’ont-ils répondu. Je leur ai dit alors : « Eh bien ! je vous accorde votre demande pour récompenser la bonne action des jeunes gens et des jeunes filles de votre endroit qui ont ramassé nos blessés ; vous pouvez choisir les meilleures voitures à la place des vôtres et prendre des chemins de traverse pour vous rendre chez vous. Vous devez cela aux bonnes actions de vos jeunes gens. » Ai-je bien fait, mon général ? — Je rendrai compte au ministre de ce fait, je vous en loue, mais les autres voitures ? — Je ne les ai pas brûlées ; je les ai laissées au profit de la ville. Voilà, mon général, ma conduite. J’ai pris cela sous ma responsabilité. — Vous avez bien fait. »

Le lendemain, je parus à table avec mes belles épaulettes qui m’avaient coûté 220 francs et des belles torsades à non chapeau. « Ah ! cela, c’est du beau, me dit on, c’est absolument, les épaulettes de la garde. »