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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/362

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l’église. J’y perdis mon cheval. Après cette échauffourée, le prince Murât continua sa marche, descendit dans la ville basse pour sortir de la ville et se porter sur la route de Kalouga.

Je quittai le prince au Kremlin pour aller remplir ma mission ; mon interprète me mène près des magistrats pour faire loger mes gendarmes et me faire ensuite introduire dans le palais. L’interprète leur en dit trop sur mon compte, car ils me firent donner de suite des rafraîchissements, et c’est là que je pris pour la première fois du thé au rhum. Un logement me fut donné chez un général russe, ainsi qu’à quatre gendarmes et à l’interprète. Je me fais accompagner des gardes pour visiter les souterrains, et je remonte au palais ; il y avait de quoi se perdre. Je plaçai mes gendarmes et leur fis donner des vivres par ces messieurs qui m’avaient bien reçu. Je fus invité dans une tabagie avec mon guide. Je ne sais si mon chapeau à une corne leur faisait de l’effet, mais ils auraient bien voulu le toucher, et ils jetaient tous des regards dessus.

Je revins près du tombeau des czars. Quelle est ma surprise de voir au pied de ce gigantesque monument une cloche d’une hauteur démesurée ; elle s’est enfouie, dit-on, en tombant du haut de la charpente. On a décoré le tour de cette cloche pour la faire voir comme un monument extraordinaire ; elle est entourée de bri-