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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/357

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les cahiers

appuyée sur un profond ravin d’où il ne bougea pas de la journée. Il y avait là 20 à 25,000 hommes, l’élite de la France, tous en grande tenue. De temps en temps, on venait lui demander de faire donner la garde pour en finir, mais c’est en vain ; il tint bon toute la journée. Nos troupes firent tous leurs efforts pour prendre les redoutes qui foudroyaient sur notre droite notre infanterie ; elles étaient toujours repoussées, et de cette position dépendait la victoire. Voilà le général qui m’amène à l’Empereur : « Es-tu bien monté ? — Oui, Sire. — Pars de suite porter cet ordre à Caulaincourt, tu le trouveras à droite le long d’un bois ; tu apercevras des cuirassiers, c’est lui qui les commande. Ne reviens qu’après la fin. »

Arrivé près du général, je lui présente l’ordre ; il lit et dit à son aide de camp : « Voilà l’ordre que j’attendais, faîtes sonner à cheval, faites venir les colonels à l’ordre ! » Ils arrivèrent à cheval et formèrent le cercle ; Caulaincourt leur lit l’ordre de prendre les redoutes et leur distribue les redoutes dont ils devaient s’emparer, disant : « Je me réserve la deuxième. Vous, officier d’état-major, suivez-moi, ne me perdez pas de vue. — Ça suffit, mon général. — Si je succombe, c’est vous, colonel, qui prendrez le commandement ; il faut que ces redoutes soient enlevées à la première charge. » Puis, il dît aux colonels : « Vous m’entendez, allez prendre la