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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/350

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Je pars comme la foudre, mon second cheval en main. Lorsque le premier fléchit sous moi, je mets pied à terre, d’un tour de main je desselle et resselle, laissant ma pauvre bête sur place. Je poursuis ma route ; arrivé dans un bois, je trouve des cantines qui rejoignaient leur corps : « Halte-là, un cheval de suite, je vous laisse le mien tout habillé, je suis pressé. Dételiez et dessellez mon cheval. — Voilà quatre beaux chevaux polonais, dit le cantinier, lequel voulez-vous ? — Celui-là ! habille, habille ! ça presse, je n’ai pas une minute. »

Ah ! le bon cheval, qu’il me porta loin ! Je trouvai dans cette forêt une correspondance pour protéger la route ; arrivé vers le chef du poste : « Voyez mon ordre : vite un cheval, gardez le mien ! »

Pas une heure de perte pour arrivera Witepsk ! donne mes dépêches au général commandant la place. Après avoir lu, il dit : « Faites dîner cet officier, faites-le mettre sur un matelas une heure, préparez-lui un bon cheval et un chasseur pour l’escorter. Vous trouverez près des bois un régiment campé. Il pourra changer de cheval dans les bois, à la correspondance. »

Au bout d’une heure, le général arrive : « Votre paquet est prêt, partez, mon brave ! Si vous n’avez pas de retard en route, vous ne mettrez pas 24 heures, y compris la perte de temps pour changer de chevaux. »