Ouvrir le menu principal

Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/338

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qui sachent commander, pour conduire chacun un bataillon d’isolés. Vous les connaissez, faites-les venir près de moi ! Pour vous, je vous ai vu commander ; vous connaissez votre affaire. J’ai trois bataillons de traînards à renvoyer à leurs corps d’armée. C’est vous qui demain les commanderez devant l’Empereur. Donc, vous viendrez avec vos deux camarades, et nous partirons de suite pour organiser les trois bataillons. »

Arrivé dans cet enclos, le général appela les soldats du 3e corps, les mit de côté et ainsi de suite. L’opération faite, nous rentrâmes pour terminer nos comptes avec le quartier-maître de la garde, pour recevoir nos certificats et notre masse. Heureusement pour moi, les soldats du train m’avaient pourvu d’un beau cheval avec la selle et le portemanteau ; je me trouvais en mesure de ce coté-là, mais je n’avais pas de chapeau, pas de sabre ; je n’avais que mon bonnet de police et on m’avait retiré mes galons ; je me trouvais comme un sous-officier dégradé ; cela me fît de la peine.

Je fus toucher ce qui m’était dû chez le quartier-maître ainsi que le certificat de mes services, et faire mes adieux à mes bons chefs. Ils me dirent de choisir un cheval dans mes attelages : « Je vous remercie, je suis bien monté, j’avais mis de côté un joli cheval tout sellé et bridé qui ne fait pas partie des équipages ; je vous laisse tout en bon état. — Adieu, mon brave, nous nous