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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/337

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il dit au général. Dorsenne : « Ça fera de beaux officiers dans les régiments. » Arrivé près de moi, il me regarde comme le plus petit ; le major lui dit : « C’est notre instructeur, il ne veut pas passer dans la ligne. — Comment ! tu ne veux pas passer dans la ligne ? — Non, Sire, je désire rester dans votre garde. — Eh bien, je te nomme à mon petit état-major. »

S’adressant à son chef d’état-major, le comte Monthyon, il dit : « Tu prendras ce petit grognard comme adjoint au petit quartier général. » — Comme je me trouvai heureux de rester près de l’Empereur ! Je ne me doutais pas que je quittais le paradis pour tomber dans l’enfer, Je temps me l’a bien appris.

Le brave général Monthyon vint vers moi : « Voilà mon adresse. Demain, à huit heures, chez moi, pour prendre mes ordres ! » Le même soir, mes camarades fusillèrent mon sac.

Le lendemain, à l’heure dite, j’arrive près du général qui me reçut avec la figure gracieuse d’un homme qui aime les vieux soldats : « Eh bien, me dit-il, vous ferez le service près de l’Empereur. Si ça ne vous faisait pas de peine de couper vos longues moustaches, vous me ferez plaisir ; l’Empereur n’aime pas la moustache à son état-major. Eh bien, faites-en le sacrifice. Si je vous envoyais en mission, est-ce que vous auriez peur d’un cosaque ? — Non, général. — Il me faut deux de vos camarades