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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/330

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M. Larrey recevait son galop. Les officiers du génie tremblaient aussi devant lui. De grands préparatifs de guerre se faisaient apercevoir de jour en jour ; nous ne savions pas de quel côté elle pouvait être déclarée. Mais dans les derniers jours d’avril 1812, nous reçûmes l’ordre de nous tenir prêts à partir et de passer des inspections de linge et chaussures : trois paires de souliers, trois chemises, et grand uniforme dans le sac.

La veille de la revue de départ, je fus appelé devant le conseil et fus nommé facteur des deux régiments de grenadiers, chargé de la conduite du trésor et des équipages ; ils formaient quatre fourgons, deux pour les malles des officiers, et deux qui furent chargés au Trésor, place Vendôme ; je n’eus qu’à montrer une lettre dont j’étais porteur, mes deux fourgons furent chargés de suite de barriques de vingt-huit mille francs. La garde fut consignée la veille du départ, et il ne fut permis qu’à moi de sortir pour régler mes comptes avec le boucher et le boulanger. Je rentrai à deux heures du matin ; la garde était partie à minuit pour Meaux le 1er mai 1812. Un vieux sergent qui restait à Courbevoie garde magasin, reçut mes comptes, et me remit une feuille de route qui m’autorisait à faire donner des rations pour huit hommes et seize chevaux. A midi, je partais de la place Vendôme avec mes quatre fourgons ; monté sur le premier qui avait un joli cabriolet sur le devant, je me