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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/326

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— Mortel heureux, me dirent-ils, de pareils souvenirs ne s’oublient jamais. »

Mais je n’ai jamais revu l’enfant, c’est la faute de la politique qui l’a moissonné avant le temps. Tous les princes de la Confédération du Rhin étaient à Paris, et le prince Charles fut le parrain du petit Napoléon. L’Empereur leur fit voir une revue de sa façon sur la place du Carrousel. Les régiments d’infanterie arrivaient par la rue de Rivoli et venaient se mettre en bataille sur cette place qui longe l’hôtel Cambacérès. L’infanterie de la garde était sur deux lignes devant le château des Tuileries. L’Empereur descend à midi, monte à cheval et passe la garde en revue et revient se placer en face du cadran. Il fait appeler notre adjudant-major, et lui dit : « As-tu un sous-officier qui soit assez fort pour répéter mon commandement ? Mouton ne peut répéter. — Oui, Sire — Faisle venir et qu’il répète mot pour mot après moi. »

Voilà M. Belcourt qui me fait venir. Le général, le colonel, les chefs de bataillon me disaient : « Ne vous trompez pas ! Ne faites pas attention que c’est l’Empereur qui commande. Surtout, de l’aplomb ! »

M. Belcour me présente : « Voilà, Sire, le sergent qui commande le mieux. — Mets-toi à ma gauche, et tu répéteras mon commandement. »

La tâche n’était pas difficile. Je m’en acquittai