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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/323

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LES CAHIERS

ordinaire. Allons ! chacun notre bouteille ! Les bénéfices vous rentreront. — Soyez exacts à vous mettre à table par quatre. Vous serez servis à l’heure, et je présiderai à tous vos repas. »

Le conseil (d’administration) mit à ma disposition un char à bancs et un soldat du train pour aller chercher les provisions à Paris avec quatre hommes de corvée, et un caporal par compagnie. A deux heures du matin, je conduisais ce détachement à Paris avec la note de mon chef de cuisine, et cette emplette était considérable pour la semaine. Je payais cinq francs pour le déjeuner de mes quatre hommes, et ils étaient contents. A neuf heures et à quatre heures, j’étais de retour pour présider au repas. Le dimanche, inspection du réfectoire par le colonel ou le général. Le couvert était mis avec des serviettes bien blanches, je recevais des compliments de nos chefs, même si c’était le général Dorsenne, devant lequel toute la caserne tremblait.

J’ai déjà dit que, lorsque cet homme sévère passait dans les chambres, il passait son doigt sur la planche à pain. S’il rencontrait de la poussière, le caporal ou le chef de chambrée était puni pour quatre jours. Il passait encore son doigt sous nos lits ; dans nos malles, il ne fallait pas qu’il trouvât du linge sale. Modèle pour la tenue, il aurait pu effacer Murât.