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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/317

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LES CAHIERS

pied. La veille de cette grande chasse, il fit partir des gardes et des valets de chiens qui conduisaient deux gros limiers en laisse pour reconnaître le cerf qui avait le numéro 1. Dans les parcours de la nuit, on découvre les traces de cet animal ; le garde s’empare du limier et fait reconnaître le pied du cerf à chasser pour demain. Cet animal tenu en laisse est conduit à pas comptés par le garde, et, à quelque distance du gîte, retenu par le garde, il lève sa patte droite en l’air pour s’élancer sur sa proie. Tout cela se fait à bas bruit ; on marque l’endroit du gîte, et le rapport se fait à l’Empereur pour le rendez-vous de la cour. Les ordres sont donnés pour les calèches et les chevaux de relais. Cinquante-deux chiens forment quatre relais, à treize par relai, sans compter le limier qui est le moteur du mouvement. Dans les treize chiens, il y a un meneur des douze autres. Sitôt que le limier a lancé le cerf, ce conducteur prend le pied du cerf et ne le quitte pas, et les douze chiens marchent en bataille à ses côtés.

L’Empereur donne l’ordre à M. Belcourt de commander vingt quatre hommes (sergents et caporaux) pour les placer sur les trois points désignés pour les relais des calèches. Avant de commencer, toute la cour se mettait à table dans un endroit bien sablé, et après le banquet les calèches arrivaient, tout le monde était à cheval et le cerf lancé. L’Empereur se portait au