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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/315

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LES CAHIERS

par deux, et il y avait un médecin pour panser les chiens blessés dans le terrible combat qui allait s’engager : « Primo, dirent les piqueurs, il faut manger, nous n’aurions pas le temps plus tard. » Et voilà un valet de pied qui sert l’adjudant-major et le médecin, serviette sur le bras. Nous voilà à faire un dîner copieux ; sitôt fini, nous partîmes pour arriver au lancé, et les valets menaient chacun deux de ces grands et longs chiens.

On fait lever les sangliers, et voilà six chiens partis sur cet animal furieux ; trois sangliers sont arrêtés sans pouvoir bouger. Deux chiens prenaient chacun par une oreille et se collaient le long de son corps, et le tenaient tellement serrés entre eux que l’animal ne pouvait bouger. Et les gardes arrivaient avec un bâillon, lui mettaient cette forte bride dans le museau sans qu’il puisse se défendre ; avec un nœud coulant les quatre pattes étaient unies, on débaillait les deux chiens et ils repartaient sur la bande suivis par les valets qui les conduisaient. Les prisonniers étaient portés dans la voiture ; on ouvrait la porte par derrière, on ôtait leurs entraves et ils tombaient dans cette voiture profonde.

Nous prîmes la bande de quatorze ce jour-là, et la voiture était pleine. Nous eûmes deux chiens blessés par des coups de boutoir. Nous avions besoin de nous rafraîchir après des cour-