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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/305

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LES CAHIERS

supérieurs les progrès que j’avais faits ; ils me suivaient de l’œil pour voir si je me tromperais. Pendant le repos, je fus entouré de tous mes camarades, et mes supérieurs me firent voir qu’ils étaient contents. Mais si l’Empereur était content de nous, nous n’étions pas contents de lui. Le bruit circulait dans la garde qu’il divorçait avec son épouse pour prendre une princesse autrichienne en paiement des frais de la seconde guerre avec l’empereur d’Autriche, et qu’il voulait avoir un successeur au trône. Pour cela, il fallut renvoyer la femme accomplie, prendre une étrangère qui devait donner la paix générale. L’Empereur passait de grandes revues pour se distraire de ses peines. On nous dit que le prince Berthier partait pour Vienne porter le portrait de notre Empereur à la princesse pour demander sa main, et qu’il devait se marier avec cette princesse avant de l’amener, et qu’il devait coucher avec elle avant de la présenter à son souverain. N’en sachant pas plus long, je me disais : « Il est bien heureux de coucher le premier, je voudrais être à sa place[1]. » Je fis rire mon capitaine.

Tout était en mouvement pour recevoir cette nouvelle impératrice. Le 15, toute sa famille la conduisit à une grande distance de Vienne ; elle

  1. Le cérémonial de la procuration devait en effet être peu compris à la caserne.